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Lettre à mon corps

Cher Corps,

Mais quand va-t-on enfin se parler en toute franchise ? Ecoute, aujourd’hui, j’ai envie de faire le premier pas et te dire comment je vois les choses…

Quand tu étais encore enfant, tu te régalais chez ta grand-mère qui habitait Callas et où tu passais tes vacances d’été : à toi les bons saucissons de pays et les fromages du terroir, tu crois que je ne sais pas que tu as toujours été gourmand et gourmet ?

Les étés se déroulaient dans la chaleur sèche du Var, avec ses marchés, ses produits artisanaux et la bonne cuisine maison de ta grand-mère. Mais de retour à Marseille, c’était le coup de bâton. A peine une dizaine d’années et en surpoids à chaque retour de vacances. Ce n’était pas raisonnable et il fallait faire quelque chose.

crédit : @charlotteaime

Heureusement pour toi, tu n’as absolument pas eu besoin de te priver. Car de à Marseille, tu te dépensais ! Sept ans de sport études en natation, ça forge des muscles et un cardio d’acier. Avec ça, tu pensais même pouvoir te tourner les pouces le reste de ta vie. A quatorze ans, tu te disais d’ailleurs qu’être mince était facile et tu ne comprenais pas les femmes qui se mettaient au régime : elles n’avaient qu’à moins manger et faire du sport !

Après une adolescence où tu t’es trouvée trop maigre, les mauvaises années ont fait leur apparition. Celles des deuils et d’une autonomie précoce et forcée. Et à partir de là, tu as compris que te ruer sur les sucreries te faisait du bien, apaisait la tristesse et le ressentiment.

Quelle leçon tu as apprise pendant ces années : le sucre et le chocolat, c’est la vie ! Tu as alors alterné les périodes en léger surpoids et les périodes de régime. Travailler dans un magazine féminin t’a alors aidé : il suffisait de lire chaque semaine la presse pour trouver LE régime miracle.

Puis tu es parti. Loin, très loin, à l’étranger. La première année, tu t’es mis à cuisiner pour faire des cheesecakes, des cupcakes, des bagels… cette cuisine anglo-saxonne, quelle découverte ! La seconde année tu as réalisé que tu pouvais encore te métamorphoser car ta coloc’ était une bombe atomique et tu voulais lui ressembler. Si tu veux bien on appellera cette année, l’année des brocolis car tu en as vraiment, vraiment, vraiment beaucoup mangé !

Les années passent et te voilà sur la table d’accouchement, après une césarienne. Tu t’es révélé battant comme jamais et pour la première fois depuis longtemps, j’ai été fière de toi.

Fière de toi, je l’ai aussi été quand tu t’es levé toutes les nuits pour t’occuper de ton fils Dante, qui n’a pas vraiment bien dormi avant ses 3 ans. Tu as assumé sans trop broncher.

Et voilà, maintenant tu as 41 ans. Tout ce que tu as vécu, c’est fou quand on y pense ! Finalement, je comprends qu’aujourd’hui tu aies envie de souffler, de ne pas te poser de questions devant un bon plat et de t’accorder très souvent des petites douceurs. Mais je suis aussi là pour que tu n’ailles pas trop loin, tu comprends ?

Mon corps, je t’aime et c’est pour cette raison que j’ai besoin de te demander de faire quelques efforts. Si tu es d’accord, on va équilibrer un peu ton alimentation et continuer à reprendre une activité physique. Tu verras, tu te sentiras encore mieux. Tu es d’accord pour continuer le chemin avec moi comme ça ? Sûr ? OK, alors c’est parti !

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